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LE ROLE SOCIO-ECONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTAL DE L'ARGANIER


BENZYANE Mohamed
Administration des Eaux et Forêts et de la Conservation des Sols.
Ministère de l'Agriculture. Rabat.


Introduction
Le Maroc dispose d'un patrimoine forestier vaste et diversifié. Mais il est temps que le citoyen marocain et les décideurs prennent conscience du rôle primordial, voire décisif, que joue la forêt à tous les niveaux et en particulier sur les plans économique et social. Cette prise de conscience est de nature à inciter le citoyen, non seulement à préserver la forêt, mais également à participer au développement du domaine forestier.

Grâce à sa position géographique, à la diversité de son climat et à ses conditions écologiques, le Maroc dispose d'un patrimoine forestier d'une grande importance socio-économique et environnementale, de l'ordre de neuf millions d'hectares. Cette forêt qui, exploitée de manière optimale et rationnelle, constitue une ressource intarissable. Préserver la forêt c'est justement préserver l'environnement. Cette équation est devenue prioritaire parmi les préoccupations de l'homme moderne.

Avant d'aborder la problématique des rapports liant l'homme à son environnement naturel et de leurs interactions, il convient de donner des indications succinctes sur la nature et l'étendue des forêts à l'échelle nationale.

Répartition du patrimoine forestier marocain

(Source : Administration des Eaux et Forêts - M.A.M.V.A. Rabat.)

Chêne vert 1 364 000 ha Chêne liège 348 000 ha
Arganier 828 000 ha Cèdre 132 000 ha
Thuya 608 000 ha Alfa 3 200 000 ha
Genévrier 326 000 ha Autres 2 112 000 ha
Pins   95 000 ha

L'arganeraie représente 7 % de la superficie totale couverte par les forêts.

Après cette brève présentation, revenons à la problématique de l'interaction entre l'homme et la forêt, et d'une manière générale entre l'homme et l'environnement.

Avant de parvenir à la maîtrise de la forêt comme ressource naturelle, l'homme est passé par diverses étapes dont il convient de rappeler brièvement la nature :

1. La phase de satisfaction des besoins fondamentaux que l'on peut répartir en deux périodes :

- Période de cueillette et de ramassage,

- Période de capture et de chasse,

2. La phase de l'affirmation de soi et ce en soumettant la nature à une certaine souveraineté. Cette phase commence par une période de domestication des animaux puis une période de sédentarisation effective, de recours à l'agriculture et de préservation des sols.

Revenons à l'objet de cette intervention au cours de laquelle, seront abordés les rôles économique, social et environnemental de l'arganeraie. Au préalable, il parait nécessaire de donner un aperçu historique ou une monographie de l'Arganier.

1-Présentation sommaire

Les premiers écrits sur l'Arganier sont ceux de géographes et médecins arabes qui ont étudié la région du Maghreb

En 1219, le médecin égyptien Ibn Al Baytar décrit l'Arganier dans son ouvrage 'Traité des simples'. Il parle de l'Arganier comme un arbre épineux, donnant un fruit de la grosseur d'une noix, renfermant une pulpe utilisée comme aliment pour les caprins et une graine oléagineuse dont on extrait une huile comestible.

En 1515, Jean Léon l'Africain en parle dans son livre 'Description de l'Afrique' et décrit l'huile comme étant de très mauvaise odeur et servant pour l'alimentation et l'éclairage.

De même certaines sources indiquent que les Phéniciens ont connu l'arbre, et ont utilisé son huile dans les comptoirs qu'ils ont fondé tout au long de l'océan Atlantique, et en particulier dans la région d'Essaouira (Mogador).

En outre, les récits des voyageurs et des agents consulaires anglais au Maroc au 18ème siècle révèlent que les forêts d'Arganier étaient très denses et s'étendaient de Oualidia au Nord de Safi, aux confins du Sahara.

Etant donné que la famille des Sapotacées est connue depuis le crétacé supérieur, on s'accorde à dire que l'Arganier est apparu au tertiaire, époque à laquelle il se serait répandu sur une grande partie du pays. Puis au quaternaire, l'Arganier aurait été refoulé au Sud Ouest par l'invasion glaciaire, d'où des colonies vers Rabat et très au Nord près de la côte méditerranéenne près d'Oujda ( Forêts de Beni Snassen sur une superficie de 200 ha)

L'Arganier couvre actuellement une superficie de plus de 800 000 ha. C'est un arbre endémique au Maroc. Vu l'intérêt qu'il présente sur le plan écologique, certains pays l'ont introduit pour enrichir leur patrimoine forestier. Parmi ces pays on peut citer : La Hollande-1697, l'Angleterre -1711, la France -1852, les Etats Unis -1927 et actuellement la Tunisie et la Libye ( Golfe de Syrte ) et Israel tentent de l'introduire.

2-Ecologie de l'Arganier

L'arganier s'étendait autrefois jusqu'au nord de Safi. Cette région était autrefois bien boisée. Au Sud, les limites naturelles de cet arbre s'étendaient jusqu'au Drâa et parfois au-delà. On en trouvait jusque dans les falaises de la région de Tindouf, et l'un des oueds de Seguiet El Hamra porte encore le nom de Oued Argane. A l'Est, les limites naturelles de l'Arganier s'étendent jusqu'à 70 Km à l'Est d'Essaouira, soit un rayon s'étendant à Chichaoua, Chemaïa et Amizmiz. L'océan Atlantique le bordant à l'Ouest.

Cette délimitation soulève la question suivante : Que reste-t-il de cette forêt qui couvrait une superficie de l'ordre d'un million d'hectares au début du 20 ème siècle? Cet arbre original qui est devenu un patrimoine national, voire universel, est menacé de disparition. Suite aux dangers qui menacent son existence dans la région du Souss, son aire est limitée actuellement à la région d'Essaouira.

L'arganeraie est en régression continue, le recul de l'Arganier, en termes de superficie, est estimé à quelques 600 hectares / an

2.5. La régénération de l'Arganier

La régénération de l'Arganier peut se faire par germination naturelle, rejets de souche ou par reboisement.
a) La germination naturelle
Elle se fait par le biais des graines qui tombent sur le sol. Elles nécessitent le sol approprié pour leur germination, le milieu climatique adéquat pour leur développement et la broussaille pour les protéger des caprins.
b) Les rejets de souche


Un arbre coupé forme une couronne de rejets qui poussent vigoureusement. Une mise en défens, pendant 6 à 8 ans, est nécessaire pour protéger ces rejets contre le pâturage.

c) Le reboisement

La dernière méthode de régénération est le reboisement. Cette opération se heurte à diverses difficultés techniques et les recherches en cours tentent d'introduire la multiplication végétative « in vitro » et le bouturage.

Après avoir exposé les conditions climatiques dures et sèches que supportent l'Arganier, il s'avère nécessaire de présenter les conditions liées à l'homme qui provoquent une destruction massive de l'arganeraie.

3-Les facteurs de destruction de l'arganeraie

Parmi les causes de destruction de l'arganeraie, il y a lieu de citer les plus importantes, qui sont les suivantes :

- La pression démographique,

- Le labour et le développement de l'agriculture irriguée,

- L'enlèvement du bois,

- Le pâturage excessif..

3.1. La pression démographique

Le nombre d'exploitants de la forêt augmente naturellement avec la croissance démographique. Sachant que la superficie globale reste invariable, il en résulte une diminution des superficies exploitées par individu. La conséquence principale de cette opération est que le bénéficiaire de la forêt est obligé d'intensifier ses interventions sur l'environnement en vue de satisfaire ses besoins en usant de méthodes et de moyens qui ne tiennent pas souvent compte de la pérennité de la nature, et qui sont parfois condamnables. Parmi les résultats de cette relation irrationnelle à l'environnement réside évidemment celui de la destruction de la forêt d'Arganiers ces dernières décennies,.

3.2. Le labour et le développement de l'agriculture irriguée

Il est incontestable que l'un des facteurs principaux du recul de la forêt est le labour et l'attrait exercé par les cultures intensives irriguées. Le labour, comme cela est établi, détruit les espèces pérennes, même si celles-ci disposent de racines profondes.

Ce qui aggrave la situation, c'est que l'exploitant ne se limite pas à labourer pour répondre à ses besoins en cultures vivrières (céréales), mais il intensifie la pratique des cultures irriguées en vue d'une rentabilité immédiate, et ce à travers des cultures d'exportation. Et afin de pérenniser cette rentabilité, l'exploitant procède aux forages de puits, et utilise les techniques modernes d'irrigation, provoquant une diminution substantielle des réserves en eaux souterraines. Compte tenu du fait que les eaux du bassin du Souss sont salines, l'exploitant change souvent le terrain exploité ( en raison de la baisse du rendement ) et recherche toujours des sols fertiles assurant ainsi un profit permanent, au détriment de l'équilibre de l'arganeraie.

La tendance des exploitants agricoles à délaisser les terres à faibles rendement, expose celles-ci à l'érosion provoquée par les eaux de pluie et le vent, entraînant ainsi une désertification accrue du milieu, qui incite les populations qui y survivent, à l'émigration avec tout ce que cela suppose comme conséquences négatives sur les rapports, déjà déséquilibrés, villes-campagnes.

Ces conséquences sont à contre courant de la politique gouvernementale visant à la lutte contre l'exode rural et à l'incitation au développement du monde rural. En témoigne, l'appel lancé par S.M.le Roi pour la plantation de 60 millions d'arbres qui constitue une incitation à la protection et au développement de nos ressources naturelles, y compris les forêts.

3.3. Prélèvement des produits dérivés

Le taux de croissance des populations résidant dans les zones d'implantation de l'Arganier est de l'ordre de 3 à 4 %, ce qui génère une demande accrue du bois de chauffage et des autres produits dérivés de l'Arganier.

Ainsi, la forêt n'est plus en mesure de répondre aux besoins croissants des populations. Il s'ensuit une destruction massive de la forêt d'Arganiers. Afin de remédier à ce problème, que l'on peut considérer comme un mal nécessaire, on peut préconiser des solutions inspirées d'expériences tentées dans diverses régions du monde, qui souffraient du même problème. Citons, à titre d'exemple

- Contribution des collectivités locales, considérées comme les principales bénéficiaires des richesses forestières, à la vulgarisation de l'utilisation de gaz butane, par les populations concernées .

- Mise en place et recours aux fours collectifs, fonctionnant aux hydrocarbures.

3.4. Pâturage excessif
La forêt est l'espace vital du monde rural caractérisé, dans les régions d'implantation de l'Arganier, par l'élevage qui remplit dans ces régions, diverses fonctions dont :

- L'autosuffisance en viandes, produits laitiers, laine ;

- L'approvisionnement des marchés locaux, par ces mêmes produits ;

- Une source d'épargne, aisément transformable en liquidités en cas de besoin ;

- Une valeur sociale, à forte symbolique ( L'importance du cheptel possédé détermine le statut social, et partant l'autorité et la puissance des possédants).

Néanmoins, l'élevage intensif, reposant sur la forêt comme source exclusive de pâturage, menace directement l'Arganier, sachant que les caprins constituent 80 % du bétail existant dans ces régions.

Afin de pallier les conséquences désastreuses du pâturage intensif, il est impératif d'adopter un plan d'action rationnel pour l'élevage et ce en reconsidérant la structure des troupeaux et le mode de leur élevage. Parmi les suggestions réalisables on peut citer :

- L'introduction de races sélectionnées,

- La création de coopératives d'élevage,

- La sensibilisation des citoyens au rôle que pourrait jouer le Crédit Agricole pour le financement d'opérations d'élevage ( édification d'étables, alimentation du bétail... )

Après avoir exposé les facteurs menaçant l'Arganier, il convient d'expliciter les considérations et motivations qui poussent toutes les personnes qui s'inquiètent pour l'avenir de cet arbre, à s'intéresser à cette richesse naturelle, qualifiée par le chercheur français Emberger de '' providence du Souss '', et qui est devenue patrimoine universel.

4-Les fonctions et propriétés de l'arganier
.Parmi les fonctions primordiales que remplit l'Arganier, nous parlerons en particulier des fonctions économique, sociale et environnementale.

4.1. La fonction économique

Il convient de rappeler que les forêts d'Arganiers, qui s'étendent sur quelque 828 000 ha. se situent dans des zones où la pluviométrie ne dépasse guère 200 à 300 mm/an et quelques fois, elle est même inférieure à 120 mm/an. Ceci révèle que les conditions naturelles dans les régions d'implantation de l'Arganier sont dures. Pourtant cet arbre offre maints fruits et produits :

Production de bois 400 000 stères / an
Production pastorale 500 unités fourragères / ha / an
Production d'huile 3500 à 4000 tonnes / an
Production de coque 78 000 tonnes / an

a) Production de bois

Il importe ici, de réaffirmer une vérité incontournable en ce domaine : l'Arganier a subi tout au long des siècles de graves atteintes consistant en coupes, défrichement des terres, incendies, pâturage excessif, exploitation effrénée. Toutes ces atteintes ont fait de l 'Arganier un arbre résistant non seulement aux dures conditions naturelles, mais également aux interventions irréfléchies de l'Homme.

Dans un passé récent, l'Arganier a connu une sensible dégradation, et ceci notamment aux époques suivantes :

Entre 1918 et 1924, après la première guerre mondiale, la production de charbon de bois a atteint 100.000 quintaux, dont 25.000 quintaux étaient destinés à l'exportation en particulier vers l'Espagne et le Portugal. Le reste servait pour approvisionner les villes de Casablanca, Marrakech et Safi. Le rythme de destruction avait ainsi atteint, à cette période, en moyenne 2000 hectares / an.

Conscientes du danger qui menaçait l'Arganier et les populations résidant dans ses régions d'implantation, les autorités promulguèrent en 1925, un Dahir organisant l'exploitation des forêts d'Arganier. Ce Dahir fut un chef d'oeuvre réglementaire puisqu'il ne se réfère dans aucune de ses dispositions à la notion de « domanial », et fait bénéficier les habitants des régions où existent des forêts d'Arganiers de très larges droits de jouissance :

- Le droit de collecte et de cueillette de fruits,

- Le droit de pâturage sans contrepartie,

- Le droit de labour des terrains habituellement labourés avant la promulgation de la loi,

- Le droit d'utilisation des pierres et du sable sans contrepartie,

- Le droit de ramassage du bois sec.

Toutefois, les dommages n'ont pas disparus pour autant, puisque la production de charbon de bois a atteint entre 1925 et 1931, près de 160.000 quintaux.

Avec la seconde guerre mondiale (1939-1945), le processus de production-destruction s'est accentué. Cette fois-ci la destruction était particulière, en plus des autochtones, les colonisateurs l'exploitaient pour répondre aux besoins de la guerre, en bois et en charbon de bois. La production a atteint au cours de cette période 243.000 stères de bois et 1.672.000 quintaux de charbon de bois. La superficie exploitée était de l'ordre de 400.000 hectares.

A l'heure actuelle, et depuis l'entrée en vigueur de la charte communale de 1976, la forêt d'Arganiers assure à certaines collectivités locales, parfois, jusqu'à 80 % de leurs ressources financières, participant ainsi au financement du développement communal.

Dans le même sens, une étude réalisée sur la biomasse de l'arganeraie en vue d'identifier ses richesses énergétiques a donné, entre autres, les résultats suivants :

La production actuelle est de l 'ordre de 80 tonnes/ha de matières vivantes ce qui constitue l'équivalent de 50 tonnes / ha de matières sèches. Vu qu'un gramme de matière sèche équivaut à 4,5 Kilocalories, la production actuelle de l'arganeraie est de 180.000 milliards de kilocalories. Partant du fait que le litre de pétrole équivaut à 10.000 kilocalories, on peut affirmer que notre arganeraie recèle une énergie équivalente à 18 milliards de litres de pétrole brut.

b) Production pastorale

Toutes les forêts du Maroc sont soumises au pâturage, mais il n'existe pas de forêt à vocation pastorale équivalente à l'arganeraie. Elle accueille tout au long de l'année un nombre considérable d'animaux , principalement des caprins, des ovins et des bovins.

La production pastorale de l'arganeraie nationale atteint 320 millions d'unités fourragères soit l'équivalent de 320.000 tonnes d'orge d'une valeur de 480 millions de dirhams.

c) Production d'huile et de ses dérivés

Les étapes pour l'extraction de l'huile sont les suivantes : Le concassage de la coque pour extraire l'amande, la torréfaction de l'amande, le broyage dans une meule en pierre, le malaxage de la pâte avec de l'eau, et enfin le pressage pour l'obtention de l'huile et du tourteau.

Partant de tout ce qui précède, on peut estimer que la production (en valeur et en quantité) par hectare, des dérivés du fruit de l'Arganier atteint :

Qu./ Ha

P.U

P.T

Pulpe 750 UF 120900 1.20 900
Coque 1050 Kg 030315 0.30 315
Huile 58 L 35002030 35.00 2030
Tourteau 120 Kg 150180 1.50 180

3425 DH

A partir de ces données, et de la superficie actuelle de l'Arganeraie nationale (828.000 Ha.) on peut estimer financièrement, la production de l'arganeraie nationale à 828.000 x 3.425, soit plus de 2,8 milliards de Dirhams.

4.2. La fonction sociale

Outre qu'elle offre le pâturage, l'huile alimentaire et le bois de chauffage, l'arganeraie assure la subsistance de quelques 2 millions de ruraux. Elle permet ainsi de stabiliser les populations des campagnes, et donc de limiter le phénomène de l'exode rural.

Une autre fonction sociale de l'arganeraie réside dans les journées de travail qu'elle procure aux habitants de ces régions.

- L'exploitation forestière procure quelques 800.000 journées de travail / an

- L'extraction oléagineuse assure plus de 20 millions de journées par an pour les femmes du monde rural ( la production d'un litre d'huile nécessite une journée et demie de travail ).

Ajoutons à cela, que le pâturage est assuré par les jeunes filles et garçons.

4.3. La fonction environnementale

L'Arganier joue un rôle vital dans la protection de l'environnement :

- Protection des sols contre l'érosion, surtout que les sols d'implantation de l'Arganier ont une faible capacité d'absorption des eaux pluviales du fait du pâturage intensif et de la destruction de leur couverture préventive ;

- L'Arganier protège par son ombre « l'herbe pastorale et les plantes » assure ses besoins en eau par voie d'évaporation et de condensation atmosphérique,

- Dans les régions montagneuses l'Arganier facilite la pénétration de l'eau ce qui entraîne une alimentation accrue de la nappe phréatique.

De même l'Arganier est considéré dans les régions de l'extrême sud comme une ceinture verte contre la désertification. La destruction de cet arbre entraînerait certainement une désertification de ces régions, et exposerait des millions de ruraux à l'exode rural.



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