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REHABILITATION DES PHYTOCENOSES DU PARC NATIONAL DE SOUSS-MASSA
Place de l'Arganier ( Argania
spinosa )
RIBI
Mohamed
Parc national de Souss-Massa
Introduction
Le parc national de
Souss-Massa peut être considéré comme étant un
premier noyau de la protection au sein de la future
réserve de la biosphère qui couvrira toute la région de
l'Arganier. Ce parc qui a vu le jour en 1991, s'est
donné comme missions :
. En matière de
conservation
- Conserver la diversité
des habitats naturels de la région et la richesse
spécifique de leurs communautés animales et
végétales.
- Restaurer les milieux
altérés par l'exploitation ou l'occupation humaine.
- Réintroduire les
espèces animales ayant disparu de la région.
. En matière de
recherche scientifique
- Encourager et
développer la recherche scientifique en vue d'avoir des
données de base pour bien gérer les ressources
naturelles de la région.
. En matière
d'éducation et de récréation
- Eduquer le public,
vis-à-vis de la nature, et développer un éco-tourisme
dans la région.
. En matière de
développement
- Contribuer au
développement économique de la région en mettant au
point et en propageant de nouvelles techniques
d'utilisation du sols adaptées et rationnelles, et en développant
le tourisme de vision.
Réhabilitation de
la végétation du parc national de Souss-Massa
Dans son état actuel, le
couvert végétal primitif de la zone du parc national de Souss-Massa
est très perturbé, suite à une intense pression
anthropozoogène et en raison du fait qu'il se développe
dans des conditions écologiques d'équilibre précaire.
Sa réhabilitation reste
donc une condition essentielle pour assurer les objectifs assignés
au parc national en matière de conservation. En effet,
l'amélioration de la structure et de composition
spécifique du couvert végétal permettra de bien
protéger les sols et, en même temps, d'assurer un
habitat favorable au développement de populations
d'espèces animales devant être réhabilitées ou
réintroduites dans la zone du parc national.
Ainsi, et en vue de bien
orienter les travaux de réhabilitation des phytocenoses potentielles,
nous avons entrepris, dans le cadre du projet de
coopération technique maroco-allemande «
Assistance à la Gestion des Ressources Naturelles
», une analyse phytosociologique globale de la
végétation actuelle du parc national dans le but
d'appréhender les processus de la phytodynamique et
établir une liste d'espèces-clés pour la
réhabilitation des groupements végétaux potentiels.
Place de l'Arganier
L'étude effectuée a
montré que le territoire du parc, qui était autrefois
couvert d'une forêt d'Arganiers, se trouve actuellement
partagé par deux séries de végétation :
- La série
infra-méditerranéenne à Traganum moquinii et Rhus albida
dont le territoire reste lié au cordon dunaire du
littoral atlantique au Sud d'Agadir, et
- La série
infra-méditerranéenne à Argania spinosa et
Euphorbia echinus qui est une série climatique
occupant une frange assez large du littoral atlantique et
s 'étendant dans les plaines de l'intérieur et sur
les flancs de l'anti-Atlas. Au niveau du parc national
elle est représentée par des associations de
dégradation.
Les deux principales
associations qui dominent le paysage végétal actuel du
parc national sont :
- Retamo monospermae -
Helianthemetum australis
- Euphorbio echini -
Arganietum spinosae Barbero, Benabid, Quezzel, Rivas-Martinez et
Santos. 1982.
La première association
est organisée par Rétama monosperme et correspond à un matorral
assez haut recouvrant la plus grande partie des secteurs
dunaires du parc.
Du point de vue
phytodynamique, cette association constitue le groupement
« préforestier » qui peut céder la place au
groupement climatique à Arganier. Cette évolution
progressive est possible sur des sols compacts où elle
peut même être accélérée par des travaux de
régénération assistée. Par contre, la faciès à
Rétama développé sur dune meubles peut constituer un
paraclimax pour une longue période en raison des
perturbations profondes qui ont touché le milieu.
La seconde association
individualise, au sud du parc, un paysage à Euphorbes ( Euphorbia
echinus, Euphorbia regis-jubae et Euphorbia beaumierana) parsemé
de pieds d'Arganier.
Du point de vue
phytodynamique, ce groupement représente des vestiges de l'association
climatique que l'on peut réinstaller par des travaux de
régénération assistée sur les sols qui ne sont pas
ensablés.
Ce que l'on vient de voir
montre que l'Arganier joue un rôle capital dans la réhabilitation de
la végétation du parc national. Des essais d'élevage
de plants et de plantation d'Arganiers ont été
entrepris et les résultats obtenus sont très encourageants.
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