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ECOLOGIE ET CARTOGRAPHIE DES GROUPEMENTS VEGETAUX D'ANZI
( ANTI-ATLAS OCCIDENTAL, MAROC)
MSANDA
Fouâd
Université
IBNOU ZOHR - Faculté des Sciences - Agadir
Resumé
La cartographie de la
végétation consiste à recenser, décrire et à
représenter sous forme de carte les communautés
végétales d'un territoire donné. Dans cette étude quatre
groupements végétaux ont été décrits et
cartogaphiés, ils correspondent à de nombreuses
sous-associations et faciès. Un tel document peut servir
de base à la planification et à la mise en valeur de la
région.
1-Introduction
L'Arganier est un arbre de
grand intérêt économique pour le sud-ouest marocain.
Il joue dans la vie rurale, un rôle important puisqu'il
conditionne la plupart des activités agricoles et
pastorales. Or actuellement, l'existence de cette espèce
endémique du Maroc est sérieusement mise en péril. La
pression humaine, le surpâturage, la sécheresse ont
artificialisé la plupart des biotopes et détruit
l'ambiance écologique dans bien des endroits.
Notre objectif est de
recenser, décrire et représenter sur une carte les
différentes communautés végétales du Cercle d'Anzi.
Cette information floristique a un triple intérêt :
- Elle fait le point de
nos connaissances sur la région ;
- Elle explicite les
conditions écologiques du milieu ;
- Elle permet d'avoir
une idée sur l'impact de l'homme sur
l'environnement.
Ce type de carte
écologique pourrait orienter les actions d'aménagement
ou tout autre type d'intervention de recherche appliquée
ou fondamentale.
2-Aperçu
général sur la zone d'étude
La zone d'étude, sous
l'autorité administrative du Cercle d'Anzi se localise
dans le Kerdous qui appartient à l'aile occidentale de
l'Anti-Atlas. Elle s'inscrit dans un quadrilatère d'une
surface de 70.000 ha. environ.
L'essentiel de la zone se confond avec le massif d'Anz,i
puissante formation détritique à base de grès,
conglomérats plissés et schistosés, de pélites, de
varves et de tillites où les oueds s'encaissent en
gorges profondes (Choubert et Faure-Muret, 1972). Cette disposition
s'interrompt au sud par le plateau conglomératique des
Ida Ou Dadagmar (Oliva, 1972). Des massifs volcaniques, correspondant
à des complexes rhyolitiques, émergent de la couverture
détritique au sud-est de la zone étudiée.
La région appartient au Maroc cisatlasique, c'est à
dire la région du Maroc qui reçoit de plein fouet les
perturbations d'un front polaire, quand celui-ci descend
en hiver vers le sud.
Globalement les
précipitations annuelles sont faibles, la plupart du
temps inférieure à 400 mm. En Afrique du Nord, c'est la
limite entre la végétation forestière et steppique (Le
Houérou, 1992). Le régime pluviométrique est typique
du Maroc occidental, de type HAPE, caractérisé par une
période estivale sèche qui s'étale sur 8 à 9 mois de l'année.
La variabilité des précipitations est toujours très
importante, dans le temps et dans l'espace.
Le trait climatique de la
région est une importante nébulosité estivale liée à
la proximité de l'océan. L'apport radiatif solaire y
est donc très réduit et les jours à fort rapport
d'insolation se situent en hiver et non pas en été.
La végétation est
dominée par des espèces végétales à fort pouvoir de
résilience (Noy-Meir, 1974). L'Arganier est l'arbre
fondamental du paysage. Il fournit à l'économie rurale
des ressources appréciables (fourrages, bois, huile et
tourteaux). Sa stratégie adaptative vis à vis de la
sécheresse commence à être connue (El Aboudi, 1990 ; Peltier
et al, 1990 ; Peltier et al, 1992.)
3-Réalisation
de la carte
Plusieurs étapes se sont succédées pour la
réalisation de la carte de végétation, à moyenne
échelle (1/50.000), du Cercle d'Anzi.
Les techniques de
photo-interprétation ont permis de différencier les
principales formations végétales en fonction de leur
physionomie. La prospection de terrain a permis la
réalisation de relevés floristiques en se basant sur la
méthode stigmatise (Guinochet, 1986). L'analyse des
données floristiques a été abordée à l'aide de deux méthodes
complémentaires : L'analyse factorielle des
correspondances (AFC) et la classification ascendante
hiérarchique (CAH).
4- Resultat
Les groupements
cartographiés sont, dans leur très grande majorité,
constitués d'arganiers. Quatre communautés végétales
correspondant à de nombreuses sous-associations et
faciès sont décrites et leurs exigences écologiques
sont précisées.
4.1 Association à Haloxylon
scopaium et Artemisia erba elba
C'est un groupement
extrêmement ouvert, qui n'est physiologiquement dominé
que par l'armoise blanche et le remt. Quant à l'arganier
il jalonne les rives des courts d'eau temporaires. La
formation tapisse des micaschistes de la cuvette de Tazeroualt, boutonnière
géologique de 400 à 500 m d'altitude.
4.2 Association à
Arganier et à Periploca laevigata
Elle se localise sur les
plateaux bordiers, entre 200 et 500 m d'altitude.
Physionomiquement c'est
une arganeraie à Euphorbia echunis. Les autres
plantes se résument à deux espèces Periploca
laevigata, Senecio anteuphorbium, mélés à de rares
pieds de Launaea arborescens.
Les sols sont peu épais,
le plus souvent érodés, et les dalles de calcaire et
les dolomies mises à nu. Lorsqu'il ne sont pas
dégradés, ils correspondent à des sols brun-rouge
subarides et à des sols à croûtes.
a) Sous-association à
Warionia saharae
C'est la formation par
excellence des adrets pentus à sols squelettiques
(lithosols).
b) Sous-association à
Haloxylon scoporium
Elle caractérise les
glacis des piémont du talus bordier de l'ouest et du
nord-ouest de la carte. Elle correspond à une
aridification prononcée du milieu. Les sols qui ont résisté
à la dégradation sont des sols brun-rouge subarides ou
des sols à croûte.
c) Sous-association à
Genista ferox
C'est la formation la
mieux représentée dans la zone étudiée. Elle se
développe entre des altitudes comprises entre 400 et 800
m d'altitude suivant les expositions. La sous-association
est un taillis d'arganiers de 5 à 6 m de haut, à
euphorbe oursin et Genista ferox Le cortège
floristique et plus riche en espèces (Asparagus
albus, Teucrium collinum, Phagnalon saxatile, etc).
Le gommier est aussi une bonne différentielle. Les ubacs
sont le plus souvent aménagés en terrasses de cultures, aussi
l'association est mal conservée. Elle n'est circonscrite
qu'à quelques îlots épargnés par le défrichement.
La sous-association repose
sur des sols-brun-rouge subarides, des sols rouges fersiallitiques
et des sols à croûte.
4.3. Association à
Arganier et à Pollycnenum fontanesii
L'association fait suite
en altitude à la précédente, elle s'étage entre 700
à 1000 m d'altitude. Physionomiquement c'est une
arganeraie à Genesta ferox, Euphorbia echinus,
la première espèce dominant la seconde. Polycnenum
fontanesii est ici une espèce fidèle.
L'originalité de cette formation est qu'elle contient
aussi des espèces du bioclimat semi-aride : Rhamnus
lycioides, Ceratonia siliqua et Olea europaea.
4.4. Association à Lavandula
dentata et Lavandula pedunculata.
C'est l'association qui
coiffe, entre 900 et 1650 m, les plus hauts sommets de la zone d 'étude.
Physionomiquement il s'agit d'un matorral arboré moyen
où le recouvrement peut atteindre 70 %. La strate
arborée regroupe quelques reliques de la forêt climacique
: Tetraclinis articulata, Ceratonia ciliqua, Pistacia
lentiscus, Olea europaea.
On y distingue deux sous
associations, une sous association à Cistus villosus
qui correspond à des stations à bilan hydrique plus
favorable.
Conclusion
La cartographie de la
végétation a pris beaucoup de retard au Maroc, ce
document vient combler en partie cette lacune et
compléter nos connaissances sur les structures
végétales du Kerdous.
Les groupements
cartographiés sont dans leur très grande majorité
constitués d'arganiers. La carte montre parfaitement
l'impact humain et son rôle dans la modification de la
couverture végétale : près de 50 % de la surface
correspondent à des zones nues, mises en cultures les
années favorables bien que les rendements soient
aléatoires, si on considère la variabilité des
précipitations et la nature des sols.
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